Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog de Patrick HERTER

Le blog de Patrick HERTER

Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


Pour la Présidentielle 2022, suivre l’échelle jusqu’au brouillard…

Publié par Phert sur 6 Juillet 2021, 08:45am

Catégories : #Politique

 

Qu’on se le dise une fois pour toutes et qu’on le répète sans cesse autour de nous, c’est plié, et rien ni personne ne pourra l’empêcher. Décryptages d’analystes, constats de sondeurs, paroles de commentateurs, articles de presse, l’avenir politique est déjà tracé, et le second tour de l’élection présidentielle déjà connu. Il opposera Emmanuel Macron à Marine Le Pen. Comme cinq ans auparavant.

Ne reste plus pour chacun des électeurs souhaitant voter qu’à placer son pied directeur sur le premier barreau de l’échelle pour monter et contribuer au résultat électoral annoncé d’avance, en suivant l’électeur qui précède, en précédant celui qui suit. Nul besoin de se poser trop de question, nulle crainte de s’égarer en chemin, car pour assurer la fluidité des votes et la pertinence des résultats, une échelle à crinoline a été posée sur la paroi des deux tours. Ses arceaux empêcheront tout lâcher prise, toute remise en cause inopinée, toute chute suicidaire, toute improvisation irresponsable, tout errance de l’esprit critique, toute surprise dans l’exercice du devoir citoyen, lequel invite à ne pas contredire les pronostics pour ne pas contrarier plus ce monde qui nous contrarie tant.

La même affiche cinq ans après, avec cinq ans de plus, c’est quand tout change autour de nous, dans notre vie, sur la planète, que rien ne doit changer semblent nous dire les maîtres à penser juste et voter bien. Les temps nouveaux incertains sont déjà là, mais les réponses attendues attendront. S’agit-il de ne pas gêner la fête qui bat son plein sur la terrasse panoramique, au-dessus du brouillard ? La glaciation politique doit répondre au réchauffement climatique, à la montée des hystériques réseaux sociaux, à l’afflux de crispations de peur du lendemain, à l’explosion des urgences, des drames du moment, des dangers qu’on subit comme de ceux qu’on imagine si proches qu’il nous semble déjà les toucher...

Pour le débat vers lequel nous nous dirigeons, n’ayons aucune illusion : il se déroulera, lui, en plein brouillard, sous la ligne de flotaison démocratique, dénaturé par un excès de mots dans trop peu de convictions, avec recrudescence de cynisme et d’opportunisme, par manque de talents et défaut de lucidité, de courage et de vision dans un système d’information transformé en fabrique de l’attendu, du convenu, du caricatural aussi, pour faire courir la rumeur et bruiter le buzz, entre deux séquences publicitaires.

Placés dans leur élément par anticipation, les deux incorrigibles prédateurs politiques qui, ayant tué leurs parents, leurs tuteurs sitôt extraits du liquide amniotique, auront une nouvelle fois dévoré leurs concurrences, saccagé leurs environnements, écrasé les fragilité partisanes de gauche, de droite, du centre qui occupaient l’espace et erraient l’âme en peine, l’imagination en sourdine, se retrouveront seules, face à face, triomphantes et usées, gonflées et à bout de souffle, esseulées après avoir tout détruit, l’une au nom du progrès, l’autre au nom du peuple, lequel a bonne patience et grande naïevté de porter l’un et l’autre sur son dos comme son ancêtre d’un autre temps, la noblesse et le clergé…

Ne ressassons pas trop longtemps ce paradoxe de devoir choisir les deux candidats ne représentant qu’eux-mêmes, n’ayant quasiment aucune assise locale, légitimés par l’intrigue ou la colère, soutenus par le privilège ou l’angoisse, incarnant de facto tous deux l’ambition personnelle, l’autoritarisme vertical, le pouvoir absolu de haut en bas, le libéralisme non démocratique pour l’un et la démocratie illibérale pour l’autre, et pour les deux l’ego qui sied au régime absolu régnant depuis sa cour, dans le mépris et la suffisance, entre soi, contre les autres et malgré nous. Bien entendu, le scénario écrit d’avance fera gagner le moins pire des deux pour un nouveau règne de cinq ans, malgré son règne précédent. Le casseur costumé en sauveur de la patrie reconnaissante, dans le brouillard, alors que nous avons tant besoin de son antithèse, de lucidité, de lumière, de clarté, d’humilité, de bienveillance, de respect, de proximité, d’un pouvoir remontant de bas en haut, d’action collective bien au-delà d’un salon de beau quartier parisien, d’esprit de rassemblement, bien au-delà du clan, de services rendus plus que de leçons et de sévices donnés.

La perspective est peu enchanteuse pour qui en attend plus, de la vie et de l’avenir immédiat. Ce pourrait-il qu’en 2022, la France nous surprenne une fois de plus en déchirant le scénario écrit d'avance ?

Patrick HERTER - 6 Juillet 2021

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents