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Le blog de Patrick HERTER

Le blog de Patrick HERTER

Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


La fin ou le début ? Si c'est la fin...

Publié par Phert sur 28 Février 2021, 11:25am

Est-ce la fin ou un début, cet embrasement, cette balafre dans le ciel, qui tombe, ou une lueur qui monte et met la nuit en pièces ?

La litanie médiatique des peurs, des menaces, des contradictions, des malentendus, des mensonges, des alarmes, des contraintes, des violences, des rébellions, plombe nos esprits d’une langueur accablante. La statistique pandémique a remplacé la météo. Chaque jour depuis un an, en continu sur les ondes, sur les écrans, sur les papiers volants, on nous sert les chiffres des morts sans masques, sans tests, aujourd’hui sans vaccins, des hôpitaux sans lits, des régions démunies, des crimes et des délits. On confine les vivants un jour un peu, un autre beaucoup, demain à la folie. Tous sous cloche sauf les clochards sur leur trottoir, faut pas pousser. C'est le comité terne qui dicte les ordres par les écrans interposés. Il n'y a pas à discuter. On est tous invité à passer dans "Brazil"

On organise la vie de tous privée de presque tout par injonction d’État c’est moi. On nous impose l'a-vie réglementée au nœud coulant pour ne pas couler. On statistique l’agonie collective, qui râle, mais on est prié de travailler et consommer à temps limité aux endroits autorisés. On domicile au printemps des dizaines de millions de bien portants qui n’auront jamais rien de grave en laissant mourir les plus fragiles en quartiers d’isolement - les personnels laissés pour compte enfermés avec eux ont bon dos. On oblige à la résignation les soignants tenus de reporter des milliers de malades qui mourront plus vite d’avoir laissé place aux nouveaux : les tracés, les non tracés, les testés, les non testés, les non isolés - les isolés  meurent à domicile, les hospitalisés, les intubés, les décédés. Comme si les uns valaient mieux que les autres, mais en réalité c’est la situation et l’actualité qui l'imposent : la mort c'est la Covid - les autres morts sont invitées à patienter, si elles le peuvent. Comme les moyens qu’on a qui sont ailleurs le confirment : c’est trop bête mais c’est trop tard, quand la rigueur budgétaire du temps passé ne peut plus rien y faire, au temps éphémère d’argent magique…

On assiste alors, médusés, à la querelle des apothicaires, des spécialistes, des forts en thèmes. Chacun à son plateau. Chacun à son mépris. Chacun à son succès. On cultive sa gloire en boucle, sa science comme une politique. On jette l'opprobre, on s'invective. Pas de vainqueurs que des vaincus dans la cacophonie et le trouble. Alors paix aux âmes abandonnées, aux résignés, aux inquiets, aux peureux qui meurent de discrétion et de fragilité. Respect aux admirables qui font ce qu'ils peuvent quand des pouvoirs de papier nous disent oui ou nous disent non. Se technocratisent, se cochent les petits carrés devant les petits paragraphes d'une petite vie bien délimitée par des cas de vie bien recensés, bien administrés, bien autorisés, si petits qu'on a le plus grand mal à s'y gratter le nez. Se contrôle la distance requise de l’amitié et de l’amour sous peine de verbalisation, pour éviter les postillons, les contacts et les positions. S’injecte des doses de conformisme sans arts et aime - comme si le conservatisme était un antidote à l’époque. Se chiffre l’humain qu’on suit en déchiffrant Covid 19 d’un doigt sur 10, en application digitale. La pédagogie nous rappelle en boucle l’horreur qu’on meurt, de cette maladie qu’on finit par connaitre mieux que nos enfants qui se renferment et que nos enfants connaissent mieux que leurs copains virtuels dont ils se demandent s'ils existent réellement, mieux que la faculté qui ne les a plus, ses facultés, à distance, mieux que la vie même, laquelle poursuit seule son chemin sans nous, pendant notre vacance imposée sans quartiers libres.

L’inventaire de la boîte de Pandore qui se diffuse en boucle sur les médias fouettards en continu fait froid dans le dos et la journée trop lourde. Notre sous-vie qui rage menace de sortie, de déroute, notre existence sous attestation, conditions et menaces. Nous sommes à distance, à portée d’une humeur massacrante qui nous ronge l’âme et le sang, faute de ceux qu’on déteste ou dont on se fout, et de tous ceux qu’on aime, et faute de beaucoup trop de vues de ceux d’en haut qu’on indiffère. Dans nos pièces, rangée de la plus petite à la plus grande à l’intérieur de celle des autres, on se poupée-russe sans jamais choisir de voir le bout, ni de la lune ni du soleil dont on profite par décret, en promenade, à l’heure prévue par nos vigiles.

On les manque autant qu’ils nous manquent, tous ses proches et tous ses inconnus. On protège ce qu’il nous reste de particules fines de bonheur et de joie entre soi, dos à la vie sans réveille sans m’y mettre en face du défi, la tête penchée vers le sol, nous restons las, si las, que le sol fabrique des milliards de résignations et de dommages insoupçonnés… Les notes font d’horribles allers-retours de gammes, les partitions sont rangées, et la musique en sourdine et le miroir qu’on ne reconnaît plus nous évitent, de peur qu’ils nous les démontrent : nos derniers signes de vie.

Et pourtant…

Patrick HERTER - 28 Février 2021

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