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Le blog de Patrick HERTER

Le blog de Patrick HERTER

Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


Le temps de dénoncer, de rassembler et d’agir…

Publié par Phert sur 26 Avril 2011, 17:34pm

Catégories : #Politique

Notre planète subit depuis près de quatre ans un enchaînement de crises et de drames qui bouleversent nos repères historiques et contribuent à nous faire redouter l’avenir. Rarement l’opinion française n’est apparue aussi désabusée. Nous constatons chaque jour l’influence sur notre vie de ces chocs financiers, économiques, sociaux, géopolitiques ou environnementaux et, dans le même temps, aucune de nos protections collectives ne paraît en mesure de les maîtriser. La précarité se répand dans la population comme un virus, et les institutions politiques et sociales paraissent incapables de nous en prémunir. Nous nous voyons individuellement esseulés et collectivement dépassés. Dans ce contexte, l’opinion se détourne de l’engagement politique, et un nombre sans cesse croissant de ceux qui votent encore, affranchis des appartenances partisanes, sont tentés par les votes protestataires ou opportunistes. Le risque de décrochage démocratique se renforce jour après jour…

 

S’inscrivant dans la banalité du cynisme et la désespérance, notre pays s’abandonne à une élite parfois impuissante parfois complice qu’il critique sans conséquence, et à une multitude de communautés d’intérêts qui le décomposent. Le lien républicain est aujourd’hui rompu. Notre monde semble à bout de souffle, et que faisons-nous ? Nous nous démobilisons, nous nous divisons, nous nous limitons à la critique sans travailler l’alternative, ballotés sur notre bateau ivre. Dans ce contexte anxiogène, nos responsabilités individuelles et collectives sont dors et déjà engagées. Nous devons faire face : c’est une question de dignité et de responsabilité pour les générations futures !

 

Tout le monde a conscience que l'actualité dramatique que nous vivons actuellement permet à certains groupes de pouvoir, d’argent ou d’influence de profiter de la confusion et de la faiblesse des institutions pour préserver ou consolider leurs positions. Ce qui est vrai à l’étranger l’est aussi à l’intérieur de nos frontières : des intégrismes, des communautarismes, des extrémismes, des intérêts catégoriels ou sectoriels profitent des défaillances régaliennes et de la démission collective pour grossir, optimiser leurs atouts ou leurs profits. Il est vrai qu’ils trouvent des conditions favorables à leur essor…

 

Le monde financier n’a pas changé : les mêmes causes produisant les mêmes effets, de nouvelles bulles se créent, enflent avant d’exploser, pour le plus grand bénéfice des spéculateurs et le malheur de notre vie réelle. Les salariés subissent une austérité de revenus insupportable, y compris dans les plus grandes entreprises qui accumulent pourtant des bénéfices considérables ; les épargnants qui osent encore s’aventurer sur les marchés sont les payeurs en dernier ressort des crises boursières ; les systèmes de protection sociale et de retraite sont remis en cause à chaque crise, comme si la vocation du social était de régler l’addition du financier ; les PME, sans soutien bancaire véritable, s’efforcent de survivre en espérant éviter la « tuile » fatale... Comment s’étonner dans ces conditions de l’affaiblissement de notre cohésion sociale, de la fragilité de notre tissu économique, de notre timidité exportatrice et de notre incapacité à créer des emplois ou investir durablement ?

 

Le marché immobilier, sensé apporter à chacun un bien de première nécessité : un logement, est en réalité un micro marché d’optimisation fiscale, de spéculation et d’exclusion, qui profite à quelques-uns, du promoteur au distributeur en passant par les banques, propriétaires des principaux réseaux d’agences immobilières, fournisseurs de crédits aspirateurs d’épargne… Tout ceci au détriment du plus grand nombre des ménages, à qui l’on réserve l’endettement à vie, l’austérité, l’éloignement progressif des zones d’emplois, le mal-logement ou la rue....  Trois millions de mal logés, un manque de 900 000 logements, l’impossibilité de la primo-accession pour ceux qui ne peuvent bénéficier d’une caution significative, des territoires submergés de constructions inoccupées et d’autres abandonnés à eux-mêmes, des quartiers transformés en ghettos pour les pauvres ou les riches… A qui profite le crime et quand déciderons-nous de l’arrêter ?

 

La politique des transports est une preuve supplémentaire de l’imprévoyance et de l’irresponsabilité : la concentration des moyens sur les lignes TGV a certes permis de créer des pôles de compétitivité autour de quelques métropoles placées dans la vitrine… Mais tout s’écroule derrière la façade ! C’est la désertification des provinces, « desservies » par quelques trains d’un autre âge quand ils ne tombent pas en panne, sur des lignes abandonnées pour insuffisance de rentabilité… Les RER et les métros, en retard ou en panne, sont transformés chaque matin et chaque soir en wagons à bestiaux, incarnant ainsi chaque jour une défaillance collective réellement insupportable, que seul le fatalisme ambiant d’une foule inerte mais pas dupe protège encore de la révolte. On incite la population francilienne à faire preuve de responsabilité environnementale en abandonnant l’usage de sa voiture, mais rien n’a été fait pour assurer son voyage collectif. Un scandale environnemental et une ineptie économique et sociale !

 

Le marché des produits alimentaires joue contre l’intérêt vital de la population. Si la France est préservée de la famine, sa population de plus en plus pauvre est confrontée à l’envolée des prix alimentaires, alors que les financiers – et certains agriculteurs - spéculent sur les produits de première nécessité cotés sur les marchés à terme. La chaîne de la distribution se porte bien alors que les producteurs les plus fragiles vivent dans la volatilité des cours, à la merci des marchés internationaux et sous la pression permanente des puissantes centrales d’achat qui négocient au plus bas les prix. C’est inacceptable ! Qu’attendons-nous pour réagir ?

 

La puissance régalienne est un géant aux pieds d’argile. Sous la coupe d’une logique financière cynique et d’un système monétaire monomaniaque, notre pays, comme d’autres pays d’Europe, ne parvient plus à assumer sa mission première : organiser l’avenir en protégeant la liberté individuelle et la solidarité collective. Le court-terme et l’injustice brisent chaque jour un peu plus la réalisation collective, comme ils étouffent l’ambition individuelle. L’appât du gain rapide pour les mieux dotés, la frénésie du pouvoir pour ceux qui accumulent les mandats, mais aussi la nécessité pour les plus mal lotis, semblent légitimer un opportunisme ordinaire qui nous mène au naufrage.…

 

L’Europe nous désespère par son manque de souffle, son incapacité à peser dans le monde, sa propension à focaliser son attention plutôt sur le superflu que sur l’essentiel, à passer à côté de sa mission historique. Otage des gouvernements nationaux qui s’en servent tantôt de bouclier, tantôt de bouc émissaire, otage des fonctionnaires zélés qui se préoccupent de minorer les puissances nationales dans une guerre de tranchée sans âge et sans âme, l’Europe n’a pas encore trouvé les hommes et les femmes capables d’incarner et d’entamer la révolution des consciences indispensable…

 

Les élites politiques et économiques ont perdu leur légitimité en perdant leur raison d’être, le sens de leurs missions collectives. Engoncées dans leurs plans de carrière, accumulant les mandats et les jetons de présence, exposées à la perte de réalité dans les couloirs des Assemblées ou des Conseils d’administration, décrédibilisées dans des partis d’élus sclérosés et dépassés par la vitesse du monde qui leur fait perdre toute lucidité ou toute audace, la représentation politique et les élites économiques ne représentent plus qu’elles-mêmes. Ne semblent plus défendre que leur seul intérêt catégoriel. L'élitisme n'est plus un devoir de responsabilité. La politique est inaudible pour l’opinion qui n’attend rien plus d’elle. L'entreprise incarne un lieu d'opportunismes exacerbés. L'ego du politique a pour reflet la cupidité de l'actionnaire... Comment imaginer dans ces conditions d'identification un redressement collectif ? Le lien de confiance est rompu. Dans les cités perdues des banlieues désœuvrées, moins de trois électeurs sur dix inscrits votent encore. Et la plupart des citoyens en âge de voter ne sont plus même inscrits sur les listes électorales ! La motivation des salariés est en berne dans les entreprises. Le mal-être se répand dans le pays comme la poudre…

 

Ce suicide collectif, cette non-assistance à République en danger ne peut pas durer. Nous devons réagir. Nous devons, nous citoyens, Républicains, reprendre en mains nos destins collectif et individuel. Nous devons nous ressaisir sans attendre.

 

Il nous faut, d’urgence, apprendre à vivre le monde d'aujourd'hui et de demain, à partager les richesses fossiles et gérer leur disparition inéluctable, à tenter de maîtriser le changement climatique et faire en sorte que les progrès technologiques soient aussi au service de l’intérêt collectif et non du seul profit optimisé. Il faut redonner à notre pays et à l’Europe de nouvelles marges de manœuvre financières en redéfinissant les objectifs, en réallouant les budgets et en y concentrant les efforts. Nous devons lancer une révolution institutionnelle pour réintroduire le monde réel en politique, celui des citoyens. Nous devons redonner aux citoyens l’envie et les moyens d’agir, le goût de la responsabilité, et rétablir la primauté de l’économie réelle sur la finance virtuelle qu’il faut d’urgence endiguer. Nous devons construire un nouveau Pacte sociétal pour rétablir le sens de la République. Nous devons lancer une politique d’investissements d’intérêt général indépendante des intérêts catégoriels et des lobbies, qui ne soit dépendante ni de la voracité des marchés financiers, ni de la gourmandise d’élus en mal de reconnaissance. Nous devons accomplir une révolution monétaire et financière pour nous doter de nouveaux moyens collectifs. Nous devons accomplir une révolution fiscale pour définir des règles d’équité, plus justes, simples et efficaces. Nous devons redonner du sens, de la reconnaissance à l’impôt. Nous devons accomplir l’Europe politique au service de ses citoyens et de sa mission collective, car c’est à ce niveau que se situe une partie de la réponse aux crises. Nous devons aussi contribuer à l’émergence d’une conscience politique mondiale, car les enjeux sont globaux : les nuages ne s’arrêtent pas aux frontières. Le vol du papillon est déjà l’affaire du monde.

 

Nous devons pour tout cela, reprendre conscience de nos devoirs, et retrouver confiance en nos capacités.

 

L’élection présidentielle de 2012 nous donne l’opportunité de bouger. Elle nous donne l’obligation morale de dénoncer. Elle nous donne la possibilité de nous rassembler autour d’un projet de société. Pour nous mettre en situation d’agir en responsabilité.

 

Travaillons dans cet esprit. Alors, nous positiverons ces moments de crise pour construire ensemble un pays plus harmonieux. Nous le devons à nos enfants. Nous le devons à l’humanité qu’ils incarnent chacun, et que nous incarnons aussi. Nous le devons à nous-mêmes.

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