Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog de Patrick HERTER

Le blog de Patrick HERTER

Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


Financiarisation de l’humanité : combien valent deux millions d’enfants ?

Publié par Phert sur 28 Juillet 2011, 10:43am

Catégories : #Sujets de société

Frappés par la plus grande sécheresse depuis soixante ans, 12 millions d’être humains dont 2 millions d’enfants sont menacés de mort dans les pays de la corne de l’Afrique. Les besoins nécessaires pour empêcher le carnage ont été évalués à 1,1 milliard d’euros par l’Organisation des Nations Unies. Or, l’ONU ne parvient pas à réunir la somme…

 

Ce constat et la (non) réponse des Etats les plus riches, dont les dirigeants visitent l’horreur des camps de réfugiés puis à se réunissent pour en parler à Rome avec des trémolos dans la voix mais rechignent à réagir à la mesure de la catastrophe, appellent d’urgence à la prise de conscience et à la dénonciation, une fois de plus, de l’inacceptable financiarisation d’un monde soumis au diktat des marchés, focalisé sur le jugement d’agences de notation et tout prêt de perdre son âme... En s’occupant plus d’argent que d’humanité !

 

Le raccourci pourra sembler abusif aux techniciens et aux experts, il est pourtant explicite : alors que les pays de l’Union européenne viennent d’organiser pour 160 milliards d’euros le deuxième sauvetage de la Grèce en quelques mois, que la France alourdira pour l’occasion sa dette de 15 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2014, que les Etats-Unis anticipent l’élection présidentielle de 2012 en jouant à se faire peur autour d’une dette de plus de 14000 milliards de dollars, que les nouveaux pays riches tels que la Chine croulent sous les excédents commerciaux… L’ONU ne parvient pas à réunir 1,1 milliard d’euros pour sauver de la famine deux millions d’enfants !

 

Bien sûr, il y a pour joindre les deux bouts de l’horreur des milliers de bénévoles, des organisations magnifiques, des gens admirables qui prennent des risques pour tenter d’éviter le pire, font des dons pour compenser la démission des Etats… Mais faut-il s’en contenter ?

 

Combien valent ces enfants qui ne sont ni des consommateurs, contributeurs aux profits des entreprises internationales cotées en bourse, ni des épargnants fournisseurs de liquidités pour les banques soumises aux nouvelles contraintes règlementaires de Bâle III, ni des fournisseurs de matières premières d’importance stratégique pour les Etats et les entreprises industrielles et pétrolières, ni des révolutionnaires en marche pour renverser quelques oligarchies politiques alliées de l’Occident ? Combien valent ces deux millions d’enfants qui meurent dans la compassion des discours et l’inaction des puissants ?

 

Combien valent-ils, ces enfants en détresse ? Dix millions d’euros : c’est le montant de la contribution de la France à ce jour. Nous pouvons avoir honte.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents