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Le blog de Patrick HERTER

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Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


Crise de la dette : quelques raisons de s'indigner…

Publié par Phert sur 14 Novembre 2011, 10:07am

Catégories : #Politique

La crise de la dette occupe l’actualité depuis des mois et nul ne peut en prévoir l’issue finale. Elle a déjà provoqué des dégâts considérables : l’Union européenne se déchire et son économie voit se renforcer chaque jour la probabilité d’une glaciation. Pour autant, la crise n’a pas provoqué à ce jour autant d’indignation qu’elle aurait pu…

 

Cette crise pourrait nous indigner d’abord parce qu’elle est surprenante. Alors que nos dirigeants politiques n’avaient cessé depuis l’éclatement de la crise des « subprimes » en 2007 de vanter leurs initiatives en matière de régulation financière, assurant protéger le monde des excès des marchés et protégeant le secteur bancaire, une toute autre réalité s’impose aujourd’hui avec la crise des dettes souveraines. Ce sont des Etats européens qui sont accusés de mauvaise gestion, et les marchés qui imposent leurs exigences de régulation aux dirigeants politiques ! Comment justifier un tel retournement ?

 

Cette crise pourrait également nous indigner parce qu’elle paraît injuste, sinon injustifiée. S’il ne s’agit nullement d’excuser l’insouciance de générations de politiques nous ayant vendu la pérennité d’un modèle à crédit, ni de négliger l’indispensable adaptation de celui-ci aux contraintes du monde moderne, à commencer par une meilleure gestion des comptes publics, on peut s’étonner que la zone euro soit ainsi mise au pilori. La Chine, qui accumule les excédents commerciaux, est un empire fragile qui risque à tout moment l’explosion de sa gigantesque bulle immobilière. Les Etats-Unis, puissance ingouvernable, accumulent une dette explosive. Et que dire du Japon, dont la dette bat des records dans une économie intérieure atone et un territoire en crise post-Fukushima !? Comment justifier que la zone euro, jusqu’à preuve du contraire l’une des zones les plus puissantes et stables de la planète, économiquement, socialement et politiquement les mieux organisées et les plus équilibrées soit ainsi attaquée ?

 

Cette crise pourrait enfin nous indigner tant son déroulement est dérangeant. Que l’on en juge, à la lumière de :

 

-         La ronde humiliante de nos dirigeants, sommés par les marchés de s’organiser sans délai, alors que le calendrier politique ne peut pas se caler sur l’instantanéité d’une place boursière…

 

-         La remise en cause par les institutions de l’Union Européenne de leurs propres règles de fonctionnement dans le reniement des traités ratifiés…

 

-         La tenue de « tribunaux d’exception » dirigés par Angela MERKEL et Nicolas SARKOZY pour faire pression sur des dirigeants politiques européens accusés de « négligence » et les pousser à la soumission ou à la démission…

 

-         La surenchère des marchés qui semblent demander toujours plus, relayée par celles de la Commission européenne et des pays comme l’Allemagne !

 

-         L’orchestration du « sacrifice aux Dieux en colère » dans les pays de la zone euro, sommés de mettre en œuvre des politiques d’austérité pour préserver leur niveau de notation et/ou la capacité de financement de leur dette…

 

-         L’accroissement continue des contraintes sur les banques avec en conséquence le renforcement du « Crédit Crunch » sur les PME-TPE qu’elles mettent en œuvre avec hypocrisie depuis 2007…

 

-         La menace d’une spirale infernale « dette-austérité-récession-dette » nourrie par la seule logique financière et susceptible de faire basculer l’Union monétaire dans un fédéralisme « fouettard » suicidaire…

 

En réalité, si cette crise ne provoque pas dès maintenant l’indignation :

 

-         c’est d’abord parce qu’avec la dramatisation politique, théâtralisée, et la focalisation des marchés sur l’Europe, opportuniste, l’enchaînement rapide des événements et les soubresauts erratiques des places financières ont fini d’établir sur la zone, ses dirigeants et ses citoyens une « chape de plomb » qui obscurcit l’analyse et affaiblit l’esprit critique ;

 

-         c’est ensuite parce que nos dirigeants, censés incarner et défendre la souveraineté de nos pays et de l’Union, semblent avoir abandonné toute prétention à opposer les principes politique à la logique des marchés, dont il faut rappeler sans cesse qu’elle ne vise qu’à l’optimisation des profits. Cette impression de complaisance qu’ils donnent incite l’opinion à considérer que nous n’avons pas le choix.

 

La logique des faits, au mieux obsessionnelle, au pire manipulatoire, favorise ainsi dans un climat anxiogène le scénario décrit précédemment et la passivité d’une opinion assommée et inquiète. On aurait pour autant grand tort de penser qu’elle ne réagira pas. Nous savons que si l’environnement de crise limite la mobilisation critique immédiate – chacun ayant pour première préoccupation l’avenir de sa situation personnelle mêlée d’un sentiment de peur face à l’inconnu -  tout changera lorsque la crise s’estompera. L’heure des règlements de compte commencera et l’indignation prendra forme politique et sociale. Prenons garde qu’alors elle ne renverse pas tout sur son passage…

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