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Le blog de Patrick HERTER

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Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


ACTU CAFE DU 19/02/2010

Publié par Phert sur 26 Février 2010, 18:53pm

Catégories : #Actu Café

ACTU CAFE est un décryptage de l'actualité proposé à des Terminales d'une école. Les sujets sont abordés par les élèves, et j'anime une discussion d'une demi-heure. J'en fais le compte-rendu ci-dessous pour approfondir ces sujets et attiser leur curiosité et leur esprit critique...

 

Thèmes abordés

 

  • Le numéro 2 des talibans arrêté au Pakistan

L'armée pakistanaise a indiqué le 17 février dernier l'arrestation à Karachi du numéro deux des talibans afghans, le mollah Abdul Ghani BARADAR, lors d'un raid secret américano-pakistanais. Selon les analystes, l'arrestation du commandant militaire en second des talibans, derrière le mollah Mohamed OMAR, serait le signe d’un grand changement de la politique Pakistanaise à l'égard des talibans et du renforcement de la coopération avec les Etats-Unis. Cette analyse semble avoir été confirmée par l’arrestation, rendue publique le 19 février, de deux autres responsables talibans afghans : le mollah Abdul SALAM dans la région de Kunduz, et le mollah Mir MOHAMED dans la région de Baghlan. Toutefois, deux attentats commis le même jour dans le district de Khyber, bastion du Mouvement des Talibans du Pakistan affilié à al-Qaida, contre des militants de Lashkar-e-Islam, un groupe qualifié de « mi-criminel, mi-islamiste » ont aussi révélé l’existence de tensions entre groupes talibans qui pourrait laisser penser que les responsables talibans arrêtés ont été « donnés » ou « vendus » par le groupe visé par les attentats…

 

Thèmes annexes :

-         Les conditions de l’arrestation du numéro 2 des talibans au Pakistan et ses conséquences démontrent, une fois de plus, la complexité du jeu régional : un grand nombre de puissances régionales engagées (Pakistan, Afghanistan, Inde, talibans, al-Qaida, Etats-Unis…), sur un territoire aux contours mal définis (les zones tribales), à la recherche d’alliances « tournantes » visant surtout à empêcher l’émergence d’une puissance durable, qu’elle soit locale (les tribus), religieuse (les talibans), idéologique (al-qaida), nationale (Pakistan, Afghanistan) ou internationale (Etats-Unis et Otan). Dans ces conditions, peut-on vraiment croire que l’arrestation prouve un changement de politique du Pakistan à l’égard des Etats-Unis ?

-         Les éliminations physiques et les arrestations des responsables des talibans ou d’al-qaida ces derniers mois illustrent-elles la réussite de la stratégie américaine ou au contraire son échec ?

 

 

  • Crise grecque, finances publiques et finance de marché

Alors que le gouvernement grec annonçait un déficit public de 6% du PIB il y a quelques mois à peine, le nouveau Premier ministre issu des élections législatives de fin 2009, Georges PAPANDREOU, a découvert qu’en réalité le déficit atteignait 12,9% du PIB, la dette publique 115% du PIB et que l’économie souterraine dépassait 20% du PIB. Quand les marchés financiers découvrent à leur tour l’ampleur des déficits, les conditions de refinancement du pays se tendent (les taux d’intérêt des prêts à la Grèce augmentent), et l’euro est attaqué car les financiers craignent que d’autres pays de l’Union économique et monétaire  (Irlande, Espagne, Italie, Portugal…) soient dans la même situation. Les fonds spéculateurs amplifient la réaction des financiers, et contribuent à accentuer la baisse des places boursières du Vieux continent. Le 25 novembre 2009, au moment où les marchés ont commencé à s’inquiéter sur la dette grecque, la monnaie unique s'échangeait contre 1,51 dollar, proche de ses records. Quatre mois plus tard, elle n’en vaut plus que 1,33, soit une chute de près de 13%, ce qui est considérable. Pour tenter d’enrayer la crise, alors que l’Etat grec doit emprunter plusieurs dizaines de milliards d’euros pour fonctionner, le gouvernement propose un plan d'austérité drastique : réduction des dépenses de l'État et des dépenses de santé, gel des salaires et des primes des fonctionnaires, recul de l'âge de la retraite. Ce qui provoque des manifestations sociales de grande ampleur, mais ne parvient pas à convaincre les marchés. Le gouvernement grec réclame l’aide de l’Union européenne ou du Fonds Monétaire International, mais Angela MERKEL, la chancelière allemande refuse de payer pour les pays laxistes dans un contexte électoral peu favorable à la générosité (des élections régionales importantes ont lieu en Allemagne début mai prochain) et la Banque Centrale Européenne refuse que le FMI s’implique dans sa zone d’autorité. La crise grecque devient européenne ; la crise financière devient politique….

 

Thèmes annexes :

-         L’Union Economique et Monétaire (zone euro) impose une maîtrise des comptes publics que la crise économique et financière empêche de respecter. Faut-il imaginer des contraintes moins sévères pour favoriser la gestion de la crise, quitte à renforcer la solidarité entre les pays européens, ou faut-il au contraire renforcer les contrôles et les sanctions à l’égard de pays qui ne les respecteraient pas ?

-         Peut-on durablement imaginer qu’une zone économique partage la même monnaie sans que les pays la composant développent des politiques économiques et budgétaires homogènes ?

-         A qui profite la crise grecque ? L’effondrement récent de l’euro face au dollar n’est pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde : les entreprises européennes exportatrices sont plus compétitives sur les marchés internationaux en dollars quand l’euro baisse... Les banques, dans le collimateur des gouvernements qui cherchent à taxer leurs bénéfices, redeviennent des interlocutrices privilégiées pour placer les emprunts qui refinancent les Etats « faibles ». Au cœur de la crise grecque, les ministres de finances européens ont déclaré que l’Europe n’organiserait pas une séparation des activités de financement et d’investissement des banques. Pur hasard ou coïncidence ?

-         Il semblerait que le gouvernement grec responsable de la supercherie sur les comptes publics ait été conseillé par Goldman Sachs, la principale banque d’affaires américaines. Si l’argent n’a pas d’odeur, l’opportunisme financier peut-il avoir une éthique ?

-         Dans un pays où le gouvernement a distribué une richesse qui n’existait pas et favorisé un laxisme social et fiscal, le citoyen qui en a profité, directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment, est-il victime de la supercherie, ou bien complice par facilité ? Est-il légitime dans sa révolte, ou bien toujours opportuniste, lorsqu’il refuse de voir disparaître les avantages illusoires dont il a bénéficié et sur lesquels il a vécu ?

 

 

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