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Le blog de Patrick HERTER

Le blog de Patrick HERTER

Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


ACTU CAFE DU 02/04/2010

Publié par Phert sur 9 Avril 2010, 22:07pm

Catégories : #Actu Café

ACTU CAFE est un décryptage de l'actualité proposé à des Terminales d'une école. Les sujets sont abordés par les élèves, et j'anime une discussion d'une demi-heure. J'en fais le compte-rendu ci-dessous pour approfondir ces sujets et attiser leur curiosité et leur esprit critique...

 

  • La visite de Nicolas SARKOZY aux Etats-Unis

Une semaine après la défaite de sa majorité aux élections régionales, Nicolas SARKOZY s'est rendu aux Etats-Unis. Le 29 mars, le chef de l’Etat a dialogué avec des étudiants de l’université Columbia à New York, faisant l’éloge de la coopération internationale, appelant à l’alliance des Etats-Unis et de l’Europe pour imposer des règles au système financier international, et vantant le système de santé français où, "quand quelqu'un tombe dans la rue, on ne lui demande pas sa carte de crédit avant de l'emmener à l'hôpital", avant de souhaiter "bienvenue (aux Américains) dans le club des pays qui ne laissent pas tomber les gens malades". Le 30 mars, Nicolas SARKOZY s’est entretenu avec Barack OBAMA, a participé avec lui à une conférence de presse qui a consacré la convergence des deux présidents sur les sujets d’actualité (Iran, Afghanistan, Proche-Orient…), puis dîné à la Maison Blanche dans les appartements privés du président américain.

Thèmes annexes :

-         Les relations internationales donnent aux dirigeants politiques l’opportunité de se positionner et de travailler « à l’échelle du monde » sur les sujets qui nous touchent tous – mondialisation oblige. Ces séquences renforcent souvent l’image de ces responsables à l’intérieur de leur propre pays. La gestion de l’agenda international devient un élément clé de l’agenda politique. La mondialisation et les sujets qu’elle engendre change-t-elle la façon de faire de la politique ?

-         On a souvent parlé de « couples » en évoquant les grands duos politiques sur le terrain international : De Gaulle – Churchill / Giscard d’Estaing – Schmidt / Mitterrand – Kohl… Les relations personnelles entre les dirigeants sont-elles déterminantes ?

-         Les rencontres internationales sont préparées pendant des mois par des équipes d’experts et conseillers (les « sherpas »). La visite du dirigeant est-elle exclusivement symbolique au temps d’Internet et des visioconférences ?

 

 

  • FME / FMI

La Grèce, pays membre de la zone euro, est apparue ces dernières semaines comme le maillon faible de l’Europe. Ses déficits publics atteignent près de 13% du PIB, et l’Etat est condamné à s’endetter sur les marchés à des taux d’intérêt de plus en plus élevés pour faire face à ses échéances. Dans cette situation, la zone euro a aussi montré ses limites : alors qu’une aide financière apparaît indispensable à la Grèce, compte tenu de l’importance des échéances à venir et de l’état des finances publiques, les traités européens interdisent aux institutions communautaires ou aux pays d’intervenir ! Dès lors, la seule possibilité semble de faire intervenir le Fonds Monétaire International (FMI). Mais l’Europe peut-elle accepter de reconnaître ainsi son impuissance ? La Banque Centrale Européenne (BCE) refuse  l’intervention du FMI. Face à ce dilemme, certains préconisent de créer une réplique européenne de l’action du FMI : un Fonds Monétaire Européen (FME), disposant de ressources financières pour intervenir dans un Etat membre en crise de liquidités…

Thèmes annexes :

-         L’Union monétaire a instauré une monnaie unique (l’euro) mais n’a pas réussi à faire converger les politiques budgétaires et fiscales. Les grands écarts constatés en termes de déficits et de dettes entre les pays de la zone euro ont fait basculer le système dans la crise financière. Une Union monétaire est-elle durablement viable sans Union budgétaire et fiscale ?

-         La spéculation est accusée d’avoir déstabilisée l’euro : l’accusation est-elle fondée, ou permet-elle de faire oublier la responsabilité première des gouvernements qui ont contribué, par leur politique, à endetter l’Etat ?

-         L’intervention du FMI dans le dossier grec marque-t-il la fin d’une époque pour l’Europe, et celle du rêve de puissance économique porté par ses concepteurs ? Permettra-t-elle au contraire à l’Europe d’accélérer sa construction sous la contrainte ?

 

 

  •  Bouclier Fiscal

Inventé par Dominique de Villepin et Jean-François Copé fin 2006, le bouclier fiscal a fait l’objet d’une extension du plafond à 50% des revenus par la loi TEPA adoptée en juillet 2007. La mesure déclenche une polémique dès 2008, lorsque les premières études montrent que les ménages les plus riches sont les principaux contribuables à en bénéficier : si 15 000 ménages sont concernés en 2007, 671 d'entre eux récupèrent 68 % du total des sommes, pour plus de 200 000 euros chacun en moyenne. De plus, la loi TEPA inclut dans le bouclier fiscal le CSG et RDS, faisant de facto encore baisser la fiscalité des contribuables ayant les plus hauts revenus. Avec la crise économique, la contestation redouble, mais le gouvernement tient. Nicolas Sarkozy déclare : "Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts." Fin mars, l’ancien Premier ministre Alain JUPPE prend à son tour position contre le bouclier fiscal…

Thèmes annexes :

-         Le bouclier fiscal coûte quelques centaines de millions d’euros à l’Etat, dont le déficit budgétaire atteint près de 140 milliards d’euros. Il pourrait pourtant être l’un des sujets les plus importants de la campagne présidentielle de 2012. Une mesure politique symbolique a-t-elle un prix ?

-         Peut-on défendre en temps de crise économique et sociale une mesure limitant la pression fiscale d’une partie de la population ? Si non, quelle justification donner aux « niches fiscales » ?

-         Le « bouclier fiscal » et l’Impôt Sur la Fortune (ISF) sont des promesses électorales de deux candidats, futurs présidents de la République : Nicolas  SARKOZY (2007) et François MITTERRAND (1981). Mises en œuvre, elles ont été l’une et l’autre immédiatement contestées. Disparaîtront-elles toutes les deux en même temps, après l’élection présidentielle de 2012 ?

 

 

  • La fin de la taxe carbone

Deux jours après la défaite électorale aux Régionales, François Fillon annonce aux députés UMP l'abandon du projet de fiscalité écologique dit « taxe carbone ». Pour le premier ministre, la réforme doit être organisée au niveau européen pour « ne pas plomber la compétitivité des entreprises françaises ». Dans un communiqué, le Medef salue la décision du gouvernement de renoncer à la taxe carbone. Aujourd'hui, la taxe carbone semble donc bien enterrée. Son application n'est certainement pas à l'ordre du jour, au niveau européen. Et ne le sera sans doute jamais, selon des sources diplomatiques.

Thèmes annexes :

-         Peut-on lancer une « Révolution verte » dans un seul pays, alors que les frontières n’arrêtent pas les nuages ?

-         L’environnement et l’entreprise ont-ils des intérêts contraires ? Si oui, le dilemme revient-il à choisir entre le chômage et la pollution ?

-         L’Europe a-t-elle les moyens de son ambition environnementale ou bien, confrontée à la concurrence économique des pays émergents, devra-t-elle renvoyer à plus tard sa politique de lutte contre le réchauffement ?

-         L’environnement est-il une thématique politique durable ?

 

 

  • La mise en cause du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat – créé en 1988 par l’ONU à la demande du G7)

En novembre 2009, peu avant la Conférence de Copenhague, des hackers s'introduisent dans les serveurs de l’unité de recherche sur le climat d’une université britannique et récupèrent la correspondance de plusieurs climatologues, dont certains collaborent à l'élaboration des rapports du GIEC. Cette correspondance fait apparaître, selon les sites qui doutent de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, la preuve de manipulations de données. Les climatologues se défendent, mais certains politiques prennent le relai : Sarah PALIN, ex-candidate à la vice-présidence américaine, appelle au boycott du sommet de Copenhague et le délégué saoudien, à l’ouverture des travaux déclare que le niveau de confiance dans le GIEC est affecté par l’affaire. Mi-janvier 2010, une estimation erronée de la date de disparition des glaciers de l’Himalaya est révélée par la presse. Le GIEC reconnaît cette erreur. En France, plusieurs scientifiques autour de Claude ALLEGRE remettent en cause le GIEC. Des centaines de climatologues  lui répondent et en appellent aux pouvoirs publics…

Thèmes annexes :

-         L’opinion peut-elle comprendre une polémique scientifique, et surtout distinguer ceux qui ont raison de ceux qui ont tort ? La mise en cause du GIEC n’a-t-elle pas pour première incidence d’aggraver la confusion autour des questions environnementales ?

-         Le temps long du climat peut-il s’accorder au temps de plus en plus court de la politique ?

-         Un groupe devenu une institution de référence peut-il se protéger des conflits d’intérêts en interne, et des enjeux de pouvoir, en externe ?

-         S’il n’y a pas de fumée sans feu, peut-on affirmer que les erreurs révélées du GIEC crée une suspicion légitime sur l’ensemble de ses travaux ?

 

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