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Le blog de Patrick HERTER

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Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


Ecologie : le radicalisme du XXIème siècle ?

Publié par Phert sur 31 Août 2009, 13:24pm

Catégories : #Politique

L’action du président du Parti Radical Valoisien, Jean-Louis BORLOO, à la tête du ministère de l’Environnement est saluée par tous. Le numéro deux du gouvernement, prestement transféré de Bercy au boulevard Saint-Germain au lendemain des élections législatives de 2007, multiplie les succès et s’y révèle un politique enthousiaste et convaincu… Au point de donner au vieux parti « républicain radical et radical-socialiste », lorsqu’il en parle,  une coloration verte qui prend le pas sur tous les autres sujets…

 

Marseille, juillet 2009 : Jean-Louis BORLOO réunit en « Ateliers d’été » le parti qu’il préside, et déclare à la presse que « le Parti radical est résolument écologiste ». Certains intervenants, surfant sur les propos du ministre, évoquent même le projet d’accoler le qualificatif « écologiste » au Parti radical « républicain radical et radical socialiste ». Un (tout petit) peu d’étonnement dans la salle, avant que Jean-Louis BORLOO n’indique le lendemain, lors de son discours de clôture, que pour lui le Parti radical est déjà un parti écologique et appelle à la rédaction du « Manifeste écologiste, radical, républicain »…

 

La fièvre verte qui saisit le ministre est-elle un effet du réchauffement climatique, le temps d’un ministère, ou bien incarne-t-elle une vision politique durable ? On se rappelle que Jean-Louis BORLOO est à l’Environnement par circonstance, sous le double impact de la défaite d’Alain JUPPE, Ministre de l’Environnement, aux législatives de 2007 et de ses déclarations de soir du 1er tour sur la TVA sociale… Aujourd’hui loin des Finances, Jean-Louis BORLOO pense vert, vibre vert, s’enthousiasme vert… Une erreur manifeste de casting, qui l’avait placé à Bercy, a-t-elle été réparée à la faveur d’une élection ratée, ou bien l’ancien avocat de TAPIE surinvestit-il un sujet hautement médiatique par stratégie politique ?

 

 

La question environnementale : un enjeu politique structurant et mobilisateur

 

En réalité, ancien co-fondateur de « Génération Ecologie », Jean-Louis BORLOO ne peut être soupçonné d’être un perdreau écolo de la veille… Le ministre est l’un des politiques les mieux placés pour comprendre l’enjeu des questions environnementales, s’en saisir… Et s’en servir. Car l’enjeu est considérable…

 

Qui peut douter que la gestion maîtrisée de la planète conditionnera l’avenir de l’humanité ? Le changement climatique en cours, la gestion des ressources naturelles et leur partage, la maîtrise des révolutions biotechniques sont autant d’enjeux structurants du XXIème siècle, autour desquels nos sociétés s’organiseront… Ou par lesquels elles éclateront ! Les réponses qui seront apportées et les actions qui seront engagées par les acteurs influents de nos sociétés – politiques, économiques, sociaux, intellectuels, artistiques - détermineront pour une grande part notre avenir commun : notre organisation, notre mode de vie, nos conflits, nos échanges, nos métiers…

 

Décisives, ces questions vont structurer nos vies et celles de nos enfants. Mais ce n’est pas tout, car rien ne sera possible sans adhésion et implication de chacun ! La question environnementale, dans sa singularité, est à la fois une question technique et vulgaire, élitiste et populaire. Le contraire d’un sujet technocratique, partant d’en haut pour s’imposer en bas : elle associe le haut et le bas de l’échelle des pouvoirs dans une responsabilité partagée, et l’ensemble des pays du monde dans un destin commun, car la maîtrise de l’environnement ne s’impose pas plus par décret que les frontières n’arrêtent les nuages… En clair, global et local, collectif et individuel, le sujet est politique et démocratique par excellence !

 

C’est cette conjonction exceptionnelle qui donne tout son sens à l’étiquette « verte » dans le paysage politique, en pleine recomposition. Jamais le destin du monde n’a été autant conditionné à la somme d’actions individuelles. La révolution de la mondialisation a accéléré celle des esprits autour d’une conscience globale, planétaire : si la question environnementale façonne le monde futur, elle peut aussi changer le comportement humain, à défaut de sa nature. Le politique y trouve donc un terrain de réflexion et d’action incomparable pour organiser la collectivité, pour guider et accompagner les mutations, pour dessiner un monde nouveau autant sous la contrainte que dans la vision… Pour trouver une légitimité perdue depuis des lustres : une chance historique de réconcilier le politique et l’opinion…

 

Cela, Jean-Louis BORLOO l’a bien compris. Tellement bien compris qu’il en fait l’axe central de sa stratégie politique. Incontestablement, le passage imprévu du ministère de l’Economie à celui de l’Ecologie lui a offert une opportunité d’action qu’il a su transformer, à sa manière : à fond dans les dossiers, d’un sujet à l’autre, en surinvestissement permanent. Difficile il est vrai de résister au sujet,  de ne pas profiter de la position ministérielle, de l’exposition médiatique, de la dynamique de la réussite parlementaire, pour passer au crible de la question environnementale tous les sujets du monde. Jean-Louis BORLOO le fait, sans nuance, jusqu’à faire de l’écologie une idéologie totalisante qui verdit tout ce qu’elle touche, une algue politique qui l’aurait contaminé tout entier. On ne peut pas s’étonner, dès lors, que celle-ci touche aussi le Parti radical, qu’il préside depuis 2007…

 

L’écologie, sujet Radical par essence ou néo-radicalisme ?

 

Héritier de ceux qui ont fait la République et l’école pour tous, de ceux qui ont organisé la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la solidarité par l’impôt et les associations, de ceux qui ont imaginé la Société des Nations et construit l’Europe, le Parti radical est naturellement sensible à la question environnementale, pour les raisons mêmes qui en font une question sociétale structurante dans le monde du XXIème siècle. Le Parti radical est aussi, par sa doctrine et sa méthode, l’une des organisations les mieux préparées à l’exercice d’un pouvoir politique qui aurait mission d’y répondre. La révolution environnementale appelle en effet à s’interroger sur l’organisation d’un monde partagé, à instituer de nouveaux principes de solidarité, à contribuer au dépassement des divergences, des nationalismes et des individualismes… A construire autour d’un consensus qui ne soit pas surtout pas mou !

 

La question environnementale est donc fondamentalement radicale. La résolution de la crise environnementale est un terreau d’action du radicalisme au XXIème siècle. Jean-Louis BORLOO a raison de le revendiquer. Mais peut-on imaginer pour autant que l’identité radicale devienne écologique, et que le radicalisme se résume à ce combat ?  Certainement pas ! Ce serait confondre la méthode et l’applicatif, les principes et le sujet, les valeurs et le discours, le ministère et le parti… Le radicalisme est tout, sauf un effet de mode qui revendiquerait une étiquette, par ailleurs condamnée à être la mieux partagée du monde. Le radicalisme est une méthode pour répondre à l’urgence : il y a un siècle à l’Instruction, aujourd’hui à l’Ecologie. Il y a aujourd’hui un évident besoin de radicalisme dans l’écologie (et pas seulement). Pas l’inverse.

 

Patrick HERTER – 31/08/2009

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