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Le blog de Patrick HERTER

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Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


La laïcité positive, négation de la République…

Publié par Phert sur 14 Février 2008, 16:52pm

Catégories : #Politique

C’est peu d’écrire que la déclaration du président de la République à Rome, en décembre dernier, a semé le trouble dans les esprits. On ne peut d’ailleurs s’en étonner : Nicolas SARKOZY y a évoqué « les souffrances » provoquées par la loi de 1905, un texte dont l’interprétation de « liberté », de « tolérance », de « neutralité » est « une reconstruction rétrospective du passé ». Le chef de l’Etat a affirmé sa volonté d’assumer les « racines chrétiennes » de la France tout en « défendant la laïcité ». Une « laïcité positive », qui doit comprendre que les religions sont « un atout », car « la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini ». Et le président de la République de conclure en affirmant sa conviction que les Français sont « en attente de spiritualité, de valeurs, d’espérance »…

 

La République, c’est la sécularisation des inspirations spirituelles, pas l’inverse !

 

Ce discours stupéfiant a déclenché une vague de protestations argumentées pour rappeler ce qu’est la laïcité. Ou plutôt ce qu’elle devrait être, si ses principes étaient défendus… par le premier des responsables politiques du pays ! La laïcité n’est pas « positive », elle doit être neutre. Le chef de l’Etat, en tant que tel, a un devoir de réserve. Les religions sont placées, pour lui comme pour chacun d’entre nous, dans la sphère privée. Cette disposition de principe n’est pas affaire de sectarisme : il ne s’agit pas de les rejeter ou de les combattre. C’est l’expression d’une confiance politique qui sait pouvoir séculariser les aspirations spirituelles individuelles, quand elles existent. Nicolas SARKOZY a tort de penser que la République a besoin des valeurs de transcendance des religions. Non parce que l’on doit les exclure, mais justement parce que la transcendance est aussi une valeur de la République, et qu’il n’y a nul besoin de se référer à une religion pour apporter sa pierre à l’édifice ! Le Bien et le Mal ne sont pas qu’une affaire de religion. Et la morale existe hors de l’Eglise. Faut-il rappeler que si la France s’est construite sous l’influence de l’Eglise, elle s’est aussi construite sous l’influence des Lumières, contre l’obscurantisme religieux !?

 

Comment expliquer alors cette volonté présidentielle de rapprocher le religieux et le temporel ? D’appeler la religion, en soutien de la République ? Pourquoi le président, si critique à l’égard de la repentance, s’est-il empressé de reconnaître les souffrances causées par la laïcité « aux catholiques, aux prêtres, aux congrégations » ? Ne s’agirait-il pas en réalité de redonner un supplément d’âme à notre République « défaillante » ?

 

La République n’a pas besoin d’un supplément d’âme

 

Dans ce cas, l’affaire est grave. Car ce qui nous rassemble tous, indifféremment de notre éventuelle religion, c’est la laïcité de notre République. Plutôt que de faire du religieux la béquille de la République, mieux vaudrait réordonner autour des idées républicaines les références collectives. La République syncrétique, ce patchwork des religions du monde, est un fantasme dangereux, car il porte en lui le germe des divisions et des pires conflits ! La dérive du président de la République est sérieuse, car elle contribue à affaiblir les repères, le terreau historique de notre société moderne, basé non sur la croyance mais sur la raison. Sur la capacité de notre société à porter le progrès, à favoriser la réalisation de l’individu, à construire les solidarités indispensables. Le facteur de rassemblement, ce n’est pas la religion (laquelle ?), c’est la République ! Le facteur de transcendance qui nous occupe en politique, ce n’est pas la religion, c’est la République ! L’intérêt de notre pays, c’est que les Français le comprennent, adhérent à ses valeurs et la défendent contre les extrémismes et les fanatismes. Rien ne compte plus, que ce ciment républicain. Il se suffit à lui-même. Le parti Radical doit le rappeler avec force.

 

Patrick HERTER - Février 2008

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