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Le blog de Patrick HERTER

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Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


Marchés financiers : battre le fer pendant qu'il est chaud...

Publié par Phert sur 20 Mars 2020, 12:33pm

Catégories : #Finance

Marchés financiers : battre le fer pendant qu'il est chaud...

Certains avaient fini par croire qu’ils ne risquaient plus rien : ni les cycles économiques, dépassés depuis longtemps, ni les tweets d’un TRUMP bipolaire mais pro-business, ni les tensions internationales, ni les missiles ni les fusées, ni la montée des régimes autoritaires, ni les révoltes sociales. Argent gratuit en cascades à la moindre alerte et progressions stupéfiantes des marchés à l’infini et au-delà. Tout juste quelques sueurs froides vite oubliées, comme une boule à neige retournée au pays du soleil éternel, histoire de se rappeler la peur ancienne sans plus la redouter vraiment.

 

Il a suffi d’un virus, évidemment exogène - le Covid-19, pour détraquer la mécanique artificielle et tout remettre en cause…

 

Les marchés financiers, impactés par la panne de l’économie mondiale et minés par les incertitudes, connaissent depuis un peu moins d’un mois une crise d’une ampleur et d’une brutalité jamais vues. Les passages du virus de l’animal à l’homme depuis un anonyme marché chinois, puis de l’homme à l’activité économique par arrêt de sécurité du principal moteur de croissance, la Chine, puis de l’activité économique à des marchés financiers sans boussole, réduits à l’extrapolation sans chiffre, ont provoqué, dans l’enchaînement des incidences, un basculement généralisé de notre planète, quasi instantané, de la croissance à la récession et de la hausse des marchés au krach.

 

Les États, déjà couverts de dettes, annoncent des plans de relance chaque semaine plus importants qu’ils n’ont pour la plupart pas les moyens de financer et multiplient les promesses intenables aux entreprises et à leurs salariés – le réveil sera douloureux. Les autorités monétaires, autrefois gardiens de l’orthodoxie régulatrice, devenus industriels de la planche à billets et dealers de monnaie virtuelle depuis la précédente crise de 2008, ne parviennent pas à calmer les places. Comment pourraient-elles d’ailleurs le faire puisque la monnaie ne vaut plus rien, que les marchés ne peuvent, en l’état, s’évaluer eux-mêmes, que les entreprises ne peuvent produire et que les consommateurs ne peuvent acheter !?

 

Aujourd’hui, comme à chaque fois que la finance paie ses excès, ses suffisances, quelques financiers madrés ont déjà quitté brutalement le paradis artificiel de l’âge d’or avec une simple gueule de bois – prêts à prendre quelques vacances avant de remettre cela plus tard. D’autres, plus nombreux, redécouvrent l’enfer de la réalité qui évapore, dans un nuage de fumée, l’illusion de l’argent facile à condition d’avoir. D’autres encore, les plus nombreux, plus modestes, angoissent pour leurs clients et leur entreprise, subissent la douche froide et risquent le burn-out et la faillite en se demandant comment ils ont pu rester en position quand tout était si prévisible, un jour ou l’autre – oui mais lequel ?  Tout au bout de la chaîne, les épargnants découvrent, médusés, la disparition des plus-values éphémères au mieux, une bonne part de leurs économies au pire… Et se jurent déjà de ne plus y revenir.

 

C’est peu dire que cette crise va laisser des traces et avoir des incidences. Bien plus que celle de 2008, qu’elle prolonge, malgré leurs différences. Nos sociétés déjà au bord de la révolution vont devoir se mobiliser pour éviter le pire. Non pas en utilisant la recette de 2008 qui nous aura mené là où nous sommes et nous ferait tomber d’encore plus haut la prochaine fois : en en inventant une nouvelle.

 

Mais qui pour faire, sachant la perte de crédibilité, en haut, et les complicités d’intérêts particuliers à tous les étages ?

 

Alors que de libérales voix schizophrènes en appellent au dirigisme de circonstance en réclamant « la fermeture des marchés devenus irrationnels » tout en n’ayant, évidemment, jamais réclamés leur fermeture dans la hausse irrationnelle, nous sommes très nombreux, professionnels ou investisseurs, conseils ou épargnants, à avoir compris depuis longtemps que ce monde financier ne peut pas continuer ainsi. Que nous devons, en responsabilité, revoir les règles qui le régissent et changer les pratiques. Nous avons, chacun, des expériences et compétences pour contribuer au débat, des valeurs à ajouter pour oser peser sur la reconstruction.

 

Ne ratons pas cette opportunité d’agir, de « battre le fer pendant qu’il est chaud ». Pour que la finance devienne vraiment responsable.

 

#lafinancevraimentresponsable, est si c’était nous, maintenant, qui la faisions ?

 

Patrick HERTER

20 Mars 2020

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