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Le blog de Patrick HERTER

Le blog de Patrick HERTER

Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


Un monde sans argent

Publié par Phert sur 20 Août 2019, 09:38am

Catégories : #Economie

Il va falloir que beaucoup d'entre vous s'y préparent très sérieusement car l'événement s'annonce - je pèse mon mot : cataclysmique. Peut-être pourriez-vous, afin d'amortir le choc - très vite car le temps presse, recourir à un préparateur psychologique. Ou bien trouver, à défaut, si vous en avez un dans votre carnet numérique, un prêtre, un pasteur, un rabbin, un imam pour tenter de retrouver la paix de l'âme avant d'avoir franchi les portes de l'enfer. A moins bien entendu que la lecture de quelque ouvrage philosophique lu de façon négligée un jour pour discuter ne vous revienne en mémoire pour penser, et suffise à dédramatiser ce jour où la chose sera là. Désolé, non, pas possible ! Pas de ressources à tirer de l'entreprise : elle a déjà tout distribué et le reste a permis de racheter ses propres actions pour faire monter son cours. On ne peut pas toujours avoir et avoir eu. Il aurait fallu investir sur du réel - un truc de naze ! Quant au virtuel, il ne vous sera d'aucune utilité : il fera pschitt à l'instant même où la catastrophe arrivera, comme le nuage de gaz lorsque la bulle éclate. Champagne sans pagne...

Non, ne rêvez pas non plus : pas d'aide à attendre de l’État - lui n'en n'a plus depuis des décennies, vous le savez mieux que quiconque. Il fait semblant. D'ailleurs, les autorités politiques et administratives du pays n'ayant rien prévu, aucun programme enregistré n'est prêt à être diffusé sur les réseaux. Aucune instruction. Aucune directive. Les politiques et hauts fonctionnaires n'y ont jamais rien compris, à ces affaires. Le régalien nous laissera galérien - faites-vous une raison. Faut-il rappeler ici que le conservatisme ne prévoit pas, par nature, l'imprévisible qui fait disparaître ce qu'il se donne tant de mal à conserver ? Autant attendre d'un bon vivant qu'il prépare son suicide. C'est le syndrome du Titanic insubmersible. Il faudra donc que chacun d'entre vous se débrouille seul. Retrouve ses réflexes primaires - humains de préférence...

Bien entendu, rien ne valant l'échange de l'expérience, on ne saurait trop recommander aux plus désemparés  d'entre vous - je perçois le début d'une angoisse chez certains - le contact direct et prolongé avec des précurseurs qui ont déjà pris de l'avance. Non pas que ceux-là aient anticipé l'invraisemblable, déjà prêts à parader dans le cortège des vainqueurs : ils ont seulement été les premiers à le subir. En avant-garde, en quelque sorte. Oh, pas de façon spectaculaire. Par grignotages successifs, sur un temps infiniment long. Une "baisse du pouvoir d'achat" : on admirera l'expression - certainement inventée par quelques technocrates pervers - qu'on a voulu si subtile pour qu'elle en devienne insoupçonnable, indétectable, inodore plus qu'indolore. L'air de rien, il s'agissait de laisser s'effacer presque sans le savoir. Raté. C'est le reste qui s'apprête à s'effacer...

Vous vous dites certainement pour vous rassurer que je divague. Cet homme est complètement fou ! Jamais il n'y en a eu autant ! Cela déborde de tous côtés. Suffit de se pencher pour en avoir. Un ami de mes connaissances me disait l'autre soir au Club qu'il ne savait même plus quoi en faire : les coffres en sont pleins, les maisons sont pleines de coffres, les continents sont pleins de maisons... Sans parler des comptes, des sous-comptes, des comptes on et off-shore. Des lignes de code plein les armoires. Même des cryptos pour voir. Impossible de croire en ce délire apocalyptique du vide ! Et puis il y a les banques. Non bien sûr, pas les banques en dur, les agences, les cabines de plage de ceux qui n'en ont pas... de plage. Pas celles qui font semblant de prêter mais retiennent bien plus qu'elles prêtent - vu ce que cela leur rapporte. Non, les vraies banques : les "centrales". "Nos" centrales financières. Émissions garanties sans effet de serre. No limit. Elles seront toujours là, à déverser, déverser, et déverser encore. Pour nous aider à conserver et à monter, monter, et monter encore...

Vos arguments ont longtemps été recevables. Sauf qu'ils ne le sont plus. Voyez-vous, il y a deux méthodes pour le faire disparaître : le détruire en totalité ou le multiplier tant qu'il en perd toute sa valeur. C'est le syndrome de la brouette allemande - laquelle n'est pas une position cochonne. Pour rappel, au début des années 1920, l'Allemagne connaissait l'hyperinflation. Les billets étaient raturés à la main car la planche à imprimer n'était plus assez rapide pour indiquer le juste prix. Un allemand allant acheter son pain du matin laisse sa brouette pleine de billets devant la boulangerie. Lorsqu'il ressort, les billets sont par terre : on lui a volé sa brouette...

Notre société d'intelligence a joué de maladresse ou d'arrogance : elle a été radine avec les faibles et laxistes avec les forts. Elle a mégoté avec les pauvres et dilapidé avec les riches. Austérisé la vie d'en bas - si je puis dire - pendant qu'elle expansionnait - si je peux dire encore - la vie d'en haut. Bref, elle a asséché et noyé "en même temps". Voilà pourquoi on ne compte plus en bas sur l'avenir - plus d'illusion - et pas plus en haut - repus, plus de besoin. Quelle conséquence ? Jusqu'il y a dix ans, pendant la trentaine d'année de sa mise en place, cette mécanique était bien réglée : l'excès de gras apparu était éliminé par l'inflation, la récession. S'y dévalorisaient les actifs. L'alternative lorsque le gras devenait trop important, c'était le krach : le résultat était le même, en plus rapide et plus brutal. Il y a dix ans, le krach a fait peur : le gras s'était logé partout - même tout en bas, même dans le réel, même là où il n'y avait plus que "presque rien" : du gras mais plus d'os ! Tout a failli sauter et il a fallu laisser les apprentis sorciers - cousins matheux des technocrates pervers - prendre la main : ils ont inventé la "mécanique de la réussite perpétuelle". Raté : elle va bientôt imploser, au moment même où la "mécanique de la baisse du pouvoir d'achat" est en train d'exploser...

Un monde sans argent ? Il va falloir se retrousser les manches...

Patrick HERTER

20 Août 2019

 

 

 

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