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Le blog de Patrick HERTER

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Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


La révolution des communes a commencé !

Publié par Phert sur 18 Août 2019, 09:06am

Catégories : #Politique

La révolution des communes a commencé !

C'est "Le Monde" qui le rapporte dans un article publié dans son édition Internet du 17 Août : ce jour-là, une centaine de personnes se sont rassemblées à Rennes devant la préfecture de région pour soutenir Daniel Cueffe, le maire de Langouët, petite ville bretonne de 600 habitants. BFMTV est sur "l'affaire", tout comme France 3 Bretagne ou Le Parisien. Mais que se passe-t-il dans ce village d'irréductibles Gaulois ?

La commune reprend sa responsabilité

Le maire, qui a pris le 18 mai dernier un arrêté municipal interdisant l'usage des pesticides -le glyphosate en particulier- à moins de 150 mètres de toute parcelle cadastrale de sa commune comprenant un bâtiment, privé ou professionnel, est convoqué le 22 août devant le tribunal administratif de Rennes à la demande de la préfecture qui réclame l'annulation de cet arrêté.

  • Sachant que Langouët est une commune qui se détermine elle-même comme écologiste et innovante, engagée dans le mouvement "Nous voulons des coquelicots" qui lutte contre les pesticides,
  • Sachant que le glyphosate est classé comme "cancérigène probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis 2015,
  • Sachant que deux des enfants de la commune ont des taux de glyphosates très élevés dans leurs urines alors qu'ils "mangent bio à la cantine" et "habitent dans des bâtiments écoconçus", à proximité des champs,
  • Sachant que le Conseil d’État, rappelle "Le Monde", a partiellement annulé le 26 juin dernier un arrêté réglementant l'utilisation des pesticides au motif qu'il (l'arrêté) "ne protégeait pas suffisamment la santé des riverains" (!)...

Le maire a décidé d'agir contre la carence avérée de l’État, et semble déterminé.

Une étape décisive de l'insurrection des consciences ?

Derrière cette affaire, des centaines d'autres dans des quartiers, des communes, des départements, des régions, nées de l'exaspération du niveau de pouvoir supérieur, du centralisme bureaucratique, social, fiscal et politique qui néglige, maltraite, écrase la proximité et le plus faible, au nom d'une légitimité de puissance publique souvent couverte de dettes - la crédibilité dans la poche, trop souvent au service de puissances économiques et financières en place - couvertes de bénéfices indus, avec la complaisance de tous ceux qui profitent des avantages de la conservation - acquis pour durer. L'intérêt général a bon dos.

Avec ce type d'affaires, quelque chose de fondamental est en train de bouger, de changer, dans notre pays. Le local commence à se reprendre en mains, à tenter de rétablir son autonomie, à tenter de s'affranchir de toutes les formes du diktat, des plus subtiles aux plus brutales. Le local semble à nouveau prêt à répondre au besoin réel de sa population. Cela tombe bien : les besoins, insatisfaits, sont gigantesques ! La légitimité de proximité commence à vouloir traiter, sur son territoire, au mieux de ses spécificités, les enjeux qui le concerne réellement. A, parfois même, agir sans attendre la décision d'autorité venue d'ailleurs. C'est décisif. Derrière ces centaines de mobilisation, une révolution des consciences politiques prend de l'ampleur. Par les actes.

Demain, une façon pragmatique de faire de la politique

Ces faits peuvent paraître anecdotiques. Ils préfigurent peut-être une nouvelle façon de faire de la politique.

Imaginons demain des lois municipales décidées par les élus après consultation des citoyens en respectant le principe de subsidiarité. Imaginons qu'à l'intérieur du territoire local, ces lois soient votées pour répondre aux questions posées, aux problèmes rencontrés et qu'elles s'appliquent sur le territoire sans possibilité d'être remise en cause par la circonscription supérieure, dès lors qu'elles ne touchent pas aux principes républicains. Imaginons que ce mouvement parti d'en bas permettent de rétablir la cohérence de notre hiérarchie des lois aujourd'hui dévastée. Imaginons la conséquence constitutionnelle d'une remontée politique de cette insurrection pratique, du tout en bas à tout en haut.

Imaginons que toutes ces communes échangent, se rencontrent, partagent leurs expériences, leurs idées ! Que leurs citoyens les soutiennent. Que des listes citoyennes non partisanes, défendant ce principe de la légitimité constitutionnelle à partir de la commune de France se présentent aux élections municipales de 2020, qu'elles rassemblent les sensibilités républicaines sur ce socle fondamental, avec la perspective d'un exercice démocratique renouvelé comme on le voit déjà pratiqué dans certaines communes, à Kingersheim par exemple. Imaginons qu'elles gagnent.

Alors, on pourra le dire : la révolution des communes a commencé, et elle remontera jusqu'aux palais nationaux, aux administrations centrales, aux chasses-gardées...

Patrick HERTER

18 Août 2019

 

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