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Le blog de Patrick HERTER

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Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


Temps long, temps court : la politique à contre-temps...

Publié par Phert sur 16 Mai 2019, 07:54am

Catégories : #Politique

Temps long, temps court : la politique à contre-temps...

"La France se place au premier rang des pays pour..."

Cette fois c'est juré ! L'instant est trop grave : l'avenir en péril nous oblige à la détermination immédiate, aux mesures radicales qui sauvent le monde. La planète se détraque, les espèces menacées-protégées-exterminées, l'humanité déboussolée, les rapports d'alerte accumulés, le village déserté, le petit vieux qui compte ses pièces et le jeune qui se rebelle d'être né... Cette fois, on y est. Le dirigeant politique s'y engage : "La France se place au premier rang des pays pour...". Pour quoi ? On a beau entendre les relais d'opinion se passer le flambeau avec délectation, voir tous ces commis d’État au garde à vous sous les dorures rafraîchies, dans les faits, rien ne vient. Rien ne change. La faute aux réunions qui s'enchaînent, aux feuilles des discours qui s'empilent, aux partenaires à satisfaire, aux élections à gagner, aux affaires à oublier, aux éléments de langage à distribuer. C'est fou ce que le temps file quand on est au pouvoir. La lucidité avec...

Les maîtres des horloges politiques confondraient-il la grande aiguille et la petite trotteuse ?

Comme une malédiction dans l'ancien pays des rois aux règnes aussi longs que leur vie qu'ils porteraient d'en avoir abrégé un, d'une tête tranchée, les rois de République V nous parlent du temps long les yeux braqués vers l'horizon et se prennent les pieds dans le tapis du temps qui court et s'effiloche. Ils succombent, les uns après les autres, dans l'éphémère, par précipitation. La faute aux mandats qui raccourcissent. La faute à l'époque qui s'accélère. La faute aux enjeux, qui s'alourdissent. La faute aux solutions, qui se compliquent. La faute à la cour, toujours là, en enfilade, qui bouche la perspective, trouble la vue et égare l'esprit. La faute à l'ambition, à la compétition, qui croquent aux jambes, savonnent les planches : il ne doit en rester qu'un seul ! Et quand il est là, seul, ils sont si nombreux à lui mordre les chevilles qu'il en a les yeux fixés au bas du piédestal... Un cauchemar. La politique est une course folle, une folie, une hystérie.

La vie politique confond le temps qui passe et le temps qu'il fait : trop de parapluies qui s'ouvrent aux premiers écarts sondagiers, de regards doux qui se détournent quand l'opinion part à vau-l'eau. Les girouettes font le tour du cadran en un instant. La faute aux gazettes parisiennes qui bruissent, vantent et tournicotent, toujours avec les mêmes souffleurs à peine vieillis sous le maquillage, sur les mêmes sujets qu'ils analysent en boucle en tenant toujours compte du sens du vent pour se gonfler l'audience. Sur les plateaux, les troubles obsessionnels compulsifs font toc toc toc et sonnent toutes les heures. La marque du temps est devenue une névrose. C'est qu'elle finit par satisfaire les maîtres des horloges politiques, cette éternité de façade, ce tic et ce toc réguliers, ce lénifiant mensonge d'un long règne d'une vie entière à tout régler. Sauf qu'il leur en veut, le temps long, d'être ainsi mangé par le temps court. Et nous avec.

Que le temps passe lentement, quand les ennuis s'installent...

Regardez-les s'agiter dans leur bocal. Un président - "celui qui est le plus fier", qui s'occupe de son lui, son lui de son gouvernement, le gouvernement de sa majorité, la majorité de son plateau télé, le plateau télé de son audience, l'audience de son smartphone, le smartphone de notre identifiant, l'identifiant de notre consommation, la consommation de notre compte en banque, le compte en banque de notre débit différé, le débit différé de notre du mois, la fin du mois de nous... Terrible. Et c'est déjà le mois suivant qui nous reprend les tripes. Que le temps passe lentement, quand les ennuis s'installent, en boucle...

La politique avance à contre-temps. Est-ce désespéré ?

Patrick HERTER

16 Mai 2019

 

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