Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog de Patrick HERTER

Le blog de Patrick HERTER

Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


Elections 2017 : quand la mer se retire...

Publié par Phert sur 15 Juin 2017, 06:54am

Catégories : #Politique

 

 

Le 18 juin prochain, l'Assemblée nationale née d'une abstention record affichera un renouvellement historique de ses députés avec l'arrivée de nombreuses nouvelles têtes portées par le triomphe de LREM (La République En Marche), dans un champ de ruines privé de combattants. Des parlementaires sélectionnés en commission seront élus sur un seul nom – celui du Président, dans une logique institutionnelle verticale portée à son paroxysme, face à des ombres opposantes déjà brisées.

 

Dans cet environnement, les quelques dinosaures bringuebalants multi-mandatés qui auront sauvé leur peau l'auront dû, pour l'essentiel, à la mansuétude du nouveau monarque qui leur aura accordé l'élection pour compatibilité, le pouce en haut, quand tant d'autres ont déjà disparu, le pouce en bas. Jamais dans l'histoire de la Vème République, un Président n'aura, comme Emmanuel MACRON a pu en bénéficier dans les circonstances très particulières de son double triomphe, donner autant l'impression de fabriquer à la fois sa majorité et son opposition. Un véritable jeu d’enfant…

 

Faut-il y voir le signe d’un engouement populaire irrésistible ? D'une marche d'enthousiasme se propageant dans toute la société enfin réconciliée ? Certainement pas. Cette situation révèle moins l'adhésion populaire que l’effondrement d’un système partisan exténué, lequel a plus implosé qu'il n'a été renversé. A l’aise dans le confort d’un bipartisme qui les protégeait de la disparition sans les obliger à l’exigence, les deux principaux mouvements politiques  (PS et LR) et leurs alliés (PRG, UDI) ont  été dynamités par leur (in)suffisance. Le réel les ayant rattrapés,  il a fini par les punir. Non par un mouvement de fond, débordant de contenu et de vitalité. D’abord par la désaffection.

 

A l’élection présidentielle, pas de vague : la mer s’est retirée. Le pouvoir à découvert. Ce qui a fait le succès présidentiel c’est avant tout l’ambition d’un homme. Une impatience d’agir. Une audace personnelle. Moins son intuition de cette implosion – largement partagée et annoncée, et déjà en œuvre depuis des années - que son impatience à ne pas l'attendre pour agir. Impatience gagnante ! A la présidentielle, Emmanuel MACRON, homme de qualité et de talent, a eu face à lui des zombis, des égarés, des farfelus, des torpillés, des fossoyeurs. Et un tribun sur une estrade. Par défaut, il était seul.  C’est cela qui lui a permis de réussir. C’est de cela que tout est parti.

 

Sa campagne, artificielle et marquetée, préfabriquée, était en dessous de la qualité véritable du candidat et en deçà des enjeux véritables. Dans des circonstances normales, elle l'aurait condamné à l'échec. Mais la chance se complaît dans l'audace... Et les soutiens puissants adorent la réussite et craignent l’aventure du vide. On connaît la suite : avec à peine plus de 24% de voix des votants et 18% des inscrits, Emmanuel MACRON est passé au second tour. Face à Marine LE PEN, qualifiée d’extrême justesse, il était condamné à gagner. Il l’a fait, et bien fait, là aussi en bénéficiant – malgré quelques égarements inquiétants en début de campagne de second tour – de la très mauvaise campagne de la candidate FN avec, en point d’orgue, son débat catastrophique face à un Emmanuel MACRON qui n’en demandait pas tant…

 

Aux élections législatives, le 1er tour a donné l’impression d’une vague, mais il n’avait rien d’un raz-de marée. C’est une victoire logique – inscrite dans des institutions qui donnent au président fraîchement élu les moyens de gouverner, et un triomphe par défaut – par défaut d’alternative et écroulement du système partisan. Avec un peu plus de 32% des voix et plus de 51% d’abstentions, LREM a représenté au 1er tour des élections législatives moins de 16% des inscrits. Après les 18% du candidat MACRON au 1er tour de l’élection présidentielle, on comprend que si la mer s’est retirée, elle n’est pas encore remontée. La situation est aujourd’hui paradoxale : les institutions de la Vème République - leur nature monarchique et leur logique légitimiste, comme les premiers pas réussis du nouveau président, donnent au nouveau pouvoir les attributs et l’apparence de la toute puissance. Or, tout est à venir… Et tout reste à faire.

 

Patrick HERTER

15 Juin 2017

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents