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Le blog de Patrick HERTER

Le blog de Patrick HERTER

Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


B comme... Banques

Publié par Phert sur 31 Octobre 2016, 10:09am

Qu’est-ce qu’une banque ?

 

La promesse devant et, derrière, la réalité désenchantée au mieux, cynique au pire, comme le représente, avec une étonnante inversion maligne, une publicité audiovisuelle bien connue ? Ou encore, pour rester dans la communication, une banque qui appartient à ses clients – ce qui doit tout changer – et dont 54% des filiales sont installées dans des paradis fiscaux ? A moins qu'il ne s'agisse d'entreprises dont plusieurs concurrentes directes sont condamnées à 2,5 Milliards d’euros d’amendes pour manipulation de cours sur le marché des changes et qui ne portent pas plaintes ? Peut-être aussi d'établissements dont la raison d’être est de financer l’économie et qui ont refusé, en 2014, un financement de 0,15% sur 4 ans auprès de la Banque Centrale Européenne pour pouvoir le faire ? Ou bien des émetteurs de chèques en blanc pour certain “tycoon” des Telecom - qui accumule les dettes et les entreprises dont il s’efforce de faire bondir la rentabilité en réduisant les effectifs, qui limitent autant que possible le financement de TPE-PME alors qu’elles pourraient recruter des millions de chômeurs ? Ou bien des apprentis sorciers cupides à l’origine de la crise de 2007-2008 dont l’autorité publique – gouverneur de la Banque de France – s’oppose aujourd'hui encore à la publication de leurs données, sans être sanctionné par les pouvoirs politiques ? Ou bien des coffres qui font payer à leurs clients captifs le dépôt de leurs ressources financières, leur utilisation au seul profit de la banque et qui les leur prêtent, parfois, s'ils apportent plus encore de caution, avec intérêts ? Ou encore, des acteurs essentiels de la vie des villages qui continuent d’être soutenus par les pouvoirs publics et leurs clients, villageois mis à contribution par l’impôt, alors qu’ils accélèrent la fermeture de leurs réseaux d’agences - ce qui tuera les villages ? Enfin peut-être des entreprises avançant masquées, préservant aussi longtemps que possible leur apparence de banques pour maintenir leurs privilèges historiques, mais lancées en réalité dans de nouveaux métiers ?

 

La question de l’utilité publique des banques, telles qu’elles sont, se pose. Les banques constituent, au service de leurs intérêts particuliers, plus un groupe de rentiers et de pouvoir que des entreprises d’intérêt général d’accompagnement au service de toutes les autres – comme elles devraient l’être. Si on comprend bien qu'elles s'inscrivent aussi dans un environnement de contraintes - dont elles parviennent à limiter les incidences plus que quiconque, si leur logique de rentabilité n’a rien de scandaleux puisqu’elles sont des entreprises privées, ce qui est absurde, c’est que cette logique de rentabilité est antinomique avec la place centrale que leur accorde les autorités politiques dans la vie de notre pays.

 

Pourquoi autant d’égard, autant de complaisance pour elles, quand elles ont autant de négligence pour nous tous ?

 

La plupart des entrepreneurs en devenir le savent : les banques avec les TPE-PME, c’est non accompagnement à une économie qui ne demande qu’à se vivre et se développer... En ignorant les besoins de financement des TPE-PME – lesquelles renoncent par avance à y déposer des dossiers, en restreignant les crédits aux ménages, en refusant de faire bénéficier à l’économie réelle des conditions historiquement privilégiés qui leur sont accordées par la Banque Centrale Européenne, les banques contribuent à l’étranglement lent et continu des forces vives, par manque de soutien, et empêchent la sortie de crise et tout progrès économique durable. Les banques sont devenues des verrous financiers, économiques et sociaux. A notre charge collective. Alors qu’elles doivent être rappelées régulièrement à la décence pour les dividendes et bonus qu’elles versent à leurs traders et à leurs dirigeants, les banques sont draconiennes sur le financement à l’économie, prétextant le durcissement de la réglementation pour limiter les crédits. Deux poids, deux mesures…

 

Une banque aujourd’hui, c’est une station service qui limite autant que possible sa distribution d’essence. L’entreprise ? Le routier qui doit faire avec. Le particulier ? Quelqu’un qui doit déjà avoir une voiture et de l’essence pour accéder à la pompe…

 

La question du soutien permanent des gouvernements français et européens aux banques se pose aussi. Leurs malversations - activités dans les paradis fiscaux, manipulation du marché des changes, financements illégaux, emprunts toxiques aux collectivités locales, aux hôpitaux et aux particuliers, évasion fiscale organisée, blanchiment d’argent… - sont au mieux ignorées, au pire pardonnées par les pouvoirs publics qui ont avec elles une tolérance coupable qu’ils n’ont pas avec les plus petits. Les banques s’apparentent à un cartel en connivence implicite avec les grands corps de l'Etat - lesquels rejoignent leurs directions générales - et les plus grandes entreprises - avec qui elles se partagent le véritable pouvoir économique par leurs prises de participation, les financements qu’elles leur accordent si nécessaire… Les banques bénéficient de passe-droits d’un autre temps, sont soutenues immensément pour presque rien en échange, et rien ne semble être remis en cause lorsqu’elles annoncent pourtant la disparition progressive de leur réseau d’agences, leurs services de proximité – s’apprêtant à disparaitre après avoir asséché l’économie réelle.

 

Ainsi, on discute entre soi, on s’arrange entre amis, on partage les bénéfices et l’on s’efforce de renvoyer les coûts sur les finances publiques... Il y a quelque chose de pourri au royaume de France, et les banques y sont bien pour quelque chose.

 

L’espace européen ne sauve pas la mise sous ses faux airs des principes... L'Europe, comme la France, n’est pas une économie de marché : c’est une économie de banques. Se régulant entre elles par délégation des Etats sous la tutelle bienveillante des banques des banques nationales et de la banque des banques européennes, nos banques sont intouchables. Elles sont devenues nos « vaches sacrées ». Ainsi, pour voir une banque (pas seulement française) être condamnée, il faut aller aux Etats-Unis. Pas en France…

 

Cela va-t-il continuer ? Non. Comme tous les intermédiaires à faible valeur ajoutée, les banques – en tant que telles – n’ont plus d’avenir, et elles le savent. Dans la nouvelle économie (finance participative, « Crowfunding »), les banques finiront à la casse. Conscientes d’être menacées par les innovations technologiques, les mutations du monde et la transformation de l’intermédiation, elles s’efforcent tout à la fois de conserver aussi longtemps que possible leurs privilèges historiques avec la complaisance des pouvoirs publics ; de maintenir autant que possible leurs marges en réduisant le nombre de leurs agences et en augmentant le coût de leurs services ; en organisant leur propre mutation par la mise en place de la robotique et du « Big data » dans la gestion des comptes de leurs clients et la maîtrise de l’innovation par le contrôle des « FinTech » capables de les aider (à développer) ou de les contrarier (à empêcher).  Et nous payons collectivement la facture de cette stratégie d’intérêts particuliers.

 

Les banques ? Nous n'en n'avons pas fini avec elles, et elles le savent...

 

Patrick HERTER - 31/10/2016 (A suivre...)

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