Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog de Patrick HERTER

Le blog de Patrick HERTER

Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


En 2017, un(e) Président(e) hors du système des partis...

Publié par Phert sur 26 Avril 2016, 09:43am

En 2017, un(e) Président(e) hors du système des partis...

L’enquête d’opinion réalisée les 19 et 20 avril derniers par ELABE pour EUROPE1 sur le profil du candidat idéal à la présidentielle de 2017 a fait le « buzz » sur les réseaux sociaux. Chacun des candidats déclarés pouvant prétendre remplir au moins une des conditions affichées, c’est engagé sur la toile un dérisoire concours de celui qui en avait le plus...

 

Cette enquête et ses effets, alors que les candidatures présidentielles fleurissent comme les narcisses au printemps – plus d’une trentaine à ce jour, confirment l’inquiétant chemin emprunté aujourd’hui par notre démocratie à un an du plus important de ses scrutins.

 

L’élection présidentielle et son casting de « télé-réalité »

 

A quoi assistons-nous ?

 

A la dégradation continue de notre vie politique, à la dévalorisation accélérée de sa représentation et, aujourd’hui, par incidence – illustrée accessoirement par cette enquête - à la parodie consternante d’une pré-campagne présidentielle abaissée à la hauteur d’un casting de « télé-réalité » politique auquel tous les élus – mais eux seuls ! - pourraient participer.

 

Inscrits dans le théâtre d‘improvisation des trois quinquennats (2002-2017), nous voici à présent plongés, à un an de l’échéance, dans la caricature et les artifices d’une Présidentielle dénaturée. La prochaine élection présidentielle si nous ne faisons rien, ce sera cuisine partisane à l’étouffée : confusion, dilution, condensation… Et anxiolytiques pour tous les électeurs !

 

Présidentielle 2017 : la confusion partisane

 

On ne pourra pas écrire que le système partisan n’a pas tout fait pour que rien ne change…

 

Comme chaque fois, le conservatisme a tenté de faire son œuvre… La « short-liste » était déjà écrite puisque c’est toujours la même : le président serait issu d’un des deux partis dominants, puisque aucun autre qu’eux-mêmes ne doit pouvoir occuper cette fonction qu’ils n’ont jamais vraiment cessé de saccager, dans la jouissance d’un pouvoir abusé jusqu’à l’usure, dans la pathologie d’avoir et le naufrage de l’être…

 

S’est organisé ainsi, comme à l’habitude, une sorte de pré-suffrage médiatique indirect dont il ne restait plus qu’à connaître l’ordre d’arrivée - les primaires ou l’élection elle-même ne permettant que de donner un visage à la posture. On se moque de certains pays et de leurs présidents momifiés, ou de certains Etats africains et de leurs présidents à vie : derrière le masque interchangeable de nos présidents et la façade lézardée de notre démocratie « représentative », sommes-nous certains que notre régime ne ressemble pas à ces cousins dont on se moque avec tant de condescendance ? Je recommande à ce sujet beaucoup de modestie dans les comparaisons…

 

L’état de décrépitude du système partisan, dont l’irruption du FN est à la fois le conséquence et la cause, a tout perturbé… Le conservatisme a été débordé par l’opportunisme. Sachant qu’il faudrait être aveugle, sourd ou enfermé dans la bulle élyséenne pour ne pas avoir conscience du rejet que le premier non-choix inspire aux Français, une sorte de frénésie s’est emparée d’un nombre accru de politiques. N’y aurait-il la possibilité pour le « je » de prendre place dans le jeu en profitant de ce rejet ?

 

S’ensuit aujourd’hui la profusion des candidatures partisanes « in » ou « out ». En plus de la pré-présidentielle des primaires qui bafoue les principes institutionnels en exportant dans le domaine public la brutalité des guerres claniques et des querelles d’égos que les partis ne savent même plus gérer en interne - alors que c’était leur mission et l’une des justifications de leurs privilèges…

 

Pour ajouter de la caricature à la farce, quoi de mieux qu’une enquête d’opinion ?

 

Présidentielle 2017, de la farce à la tragédie…

 

Ainsi, nous y voilà. Ce président a maintenant son portrait-robot : il lui « suffirait » d’avoir entre 45 et 64 ans (81%), un mandat local (76%) et un mandat national (60%), mais de se situer en-dehors du clivage droite-gauche (79%), hors du système des partis, tout en étant issu de la société civile (61%) ! Sans oublier bien entendu une double carrière dans le secteur privé (76%) et dans l’administration (53%)... Passons sur l’ensemble des réponses. En réalité, on s’en rend vite compte, tout ceci n’a aucune importance et la futilité des questions impose la contradiction des réponses et l’incohérence d’un portrait robot plus robot que portrait, ayant pour seul mérite de satisfaire, à des degrés divers, l’ensemble des candidats en apportant de l’eau au moulin de leurs parcours, ambitions et égos - chacun y retrouvant une part de lui-même et, en conséquence, un ersatz de légitimité à concourir…

 

Ce qui pourrait prêter à rire ne doit pas manquer de nous inquiéter. Car il n’y a pas le moindre doute : ce spectacle qui commence comme une farce pourrait finir en tragédie ! L’occupation au centre de l’échiquier politique de la peur, de la haine, de l’enfermement suicidaire, plus discrète aujourd’hui par tactique, n’a pas cessé son expansion ; la fragilité des remparts partisans susceptibles de s’y opposer paraît chaque jour plus évidente ; le peuple de plus en plus exaspéré, semble prêt au grand renversement, directement par la voix, indirectement dans l’abstention. La dernière élection législative partielle dans la 3ème circonscription de Loire-Atlantique qui a vu le 24 avril la victoire de la candidate socialiste avec 12,12% des électeurs inscrits et près de 75% d’abstentions (!) n’en est, à cet égard, qu’une nouvelle illustration et un nouvel avertissement. Mais qui s’en préoccupe vraiment dans les états-majors partisans - qui se satisfont de victoires à la Pyrrhus, et les rédactions ?

 

Dans ce contexte dramatique, n’est-il pas temps d’arrêter cette petite musique de chambre jouée par des institutions et des médias dépassés ? N’est-il pas temps de proposer une toute autre alternative institutionnelle, politique, économique et sociale adaptée, non au temps passé, par nostalgie fantasmé ou conservatisme intéressé, mais au temps présent et à l’avenir ?

 

L’impérieuse nécessité d’un candidat hors système à l’élection présidentielle

 

Cette alternative ne peut s’incarner que dans une candidature présidentielle « hors système »…

 

Pourquoi une candidature à l’élection présidentielle ?

 

La logique des institutions actuelles fait de l’élection présidentielle la clé politique de notre pays. De l’élection présidentielle procèdent directement les élections législatives et les années de gouvernance qui suivent. Il est impossible de transformer notre pays sans gagner l’élection présidentielle, simplement parce qu’il est impossible de gagner les législatives sans avoir gagné la présidentielle qui les précède de quelques semaines... Ceux qui défendent le contraire se trompent, ou nous trompent – visant par les élections législatives non la transformation du pays mais la constitution d’un (petit) groupe intégré au système qu’ils sont censés combattre…

 

Pourquoi une candidature hors du système partisan ?

 

Les circonstances et la logique des institutions font aussi que ce candidat ne devra pas être issu du système partisan, même s’il s’en est affranchi. Pour deux raisons :

 

La première, de circonstance, c’est qu’il y aurait suspicion d’opportunisme et manque de crédibilité pour celui ou celle qui, installé dans le système pendant des années, devrait convaincre l’opinion qu’il le combat. Si nul n’est en droit de douter d’une conversion sincère de ceux qui, ayant fait carrière au sein des partis politiques, se présenteraient aujourd’hui comme voulant transformer un système dans lequel ils ont vécu, si leur expérience pourrait être utile dans la transition, ces politiques professionnels ne peuvent être « juges » et « affranchis » et ne pourront donc pas incarner la transformation indispensable. Mieux vaudrait donc qu’ils la servent, plus humblement…

 

La deuxième, institutionnelle, la plus importante, c’est que la fonction présidentielle doit retrouver son autorité et sa légitimité, laquelle la situe, par principe, au-dessus des partis politiques et non procédant d’eux comme c’est le cas depuis si longtemps, avec les conséquences que l’on constate aujourd’hui ! De ce principe résultera le pouvoir de changer réellement les institutions et les pratiques politiques de notre pays, sans concession à l’intérêt particulier ; de rappeler et d’incarner sans cesse l’intérêt général ; de porter une vision de long terme pour arbitrer les actions de court terme.

 

Mieux vaudrait n’avoir rien à devoir aux partis, pour réaliser tout cela…

 

Patrick HERTER - 26/04/2016

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents