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Le blog de Patrick HERTER

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Articles sur l'actualité politique, économique, sociale


La France, victime du taxisme...

Publié par Phert sur 28 Juin 2015, 09:41am

Nouvelle contribution "wikipédiesque" au débat politique...

 

TAXISME

 

Le taxisme est un terme sociologique et politique désignant l'intoxication aiguë ou chronique provoquée par l'abus des situations acquises dans la vie économique et la gouvernance politique d'un pays. Par extension, il désigne également la situation de tension que ce conservatisme sociétal et politique finit toujours par induire.

 

Symptôme le plus souvent d'un blocage des mouvements naturels d'une société moderne, vivante, ouverte, évolutive, le taxisme trouve son origine dans un triple sentiment de droit acquis par l'effort, le mérite ou les relations, de conviction que ce droit est intangible et de revendication d'un statut qui distingue le taxiste de celui qui ne l'est pas. Le taxisme, qui trouve son point d'origine dans la propension des sociétés à fonder leur pérennité sur des avantages, des situations de charges et de rentes, est favorisé par la facilité technique de l'exercice, consistant à faire payer le prix de la situation en assurant implicitement sa permanence à ceux qui, devenus taxistes, deviendront les meilleurs soutiens de la société telle qu'elle est...

 

Pourtant, le taxisme porte en lui les germes de sa remise en cause périodique. Si l'essor du taxisme dans la société est d'abord dû à l'apparition progressive d'une dépendance pour celui qui en bénéficie, d'une propagation virale pour celui qui aspire à en bénéficier, le taxisme bute pourtant sur sa logique, inévitablement élitiste, sélective, aristocratique - laquelle repose sur la rareté pour garantir la valorisation de l'investissement. Conséquence : à la cristallisation des taxistes répond - surtout dans les temps plus difficiles - la frustration de ceux qui ne parviennent pas à le devenir et qui finissent, dans la nécessité, par contester ce taxisme qui leur échappe et, pire, qui les bloque, les contraint, les restreint.

 

Un autre phénomène plus structurel contribue à remettre en cause le taxisme : l'évolution des sociétés. Ce mouvement, essentiellement nourri d'innovations, de découvertes, finit inéluctablement par échapper à toute maîtrise des taxistes, lesquels protègent la conservation. La crispation des non taxistes fait alors face à celle, non moins intense, des taxistes, qui perçoivent dans le mouvement naturel de la société la menace ultime : un risque évident de disparition instantanée de la situation acquise et, plus grave, de sa valeur. Ces circonstances induisent des risques de conflits graves.

 

Le taxisme, phénomène historique existant à toutes les époques, est un élément clé de la société française en 2015. On le trouve, bien entendu, chez les taxis (d'où son nom) qui payent (cher) le droit d'être peu nombreux, à ne pas répondre au besoin (global) des usagers qu'ils sont censés combler : la valeur de l'investissement initial garantit la retraite au détriment de la satisfaction du client dans l'activité. Dans cette logique, l'arrivée d'une concurrence sans capital, rendue possible par l'innovation technologique, menace de disparition ce capital et provoque une révolte logique : une vie de travail pour toucher un capital, in fine, qui ne vaudra plus rien. Comment accepter ?

 

On aurait tort de limiter le taxisme aux taxis, tant il est présent dans notre société. Par exemple dans l'immobilier. Qu'est-ce donc un propriétaire immobilier en France, en 2015 ? Il a acquis le droit d'être propriétaire par son actif patrimonial, son épargne, sa situation de naissance ou ses efforts de toute une vie pour investir un capital significatif destiné à lui servir de rente, de protection. Quel est son intérêt ? Que ce capital ne se dévalue pas. Comment peut-il s'en assurer ? Il ne le peut pas. En revanche, le marché peut s'organiser pour le lui assurer. Comment ? En limitant le nombre de primo-accédants. En privilégiant des prix élevés. Tous y gagnent, parmi ceux qui y participent : la banque qui prête peu, l'intermédiaire qui assure ses commissions en traitant peu de clients, le promoteur qui fait sa marge en vendant peu, le constructeur qui fait son bénéfice en construisant peu, en recrutant peu, la commune en trouvant une source de financement significative et durable sur un foncier rare... Comme pour les taxis, le plus grand nombre y perd : ceux qui ne parviennent pas à avoir un toit, ceux qui vivent dans des conditions inacceptables, ceux qui n'ont pas de caution...

 

Imaginons à présent que l'innovation ou une action politique provoque un bouleversement du marché de l'immobilier, une chute des prix... L'accès au marché, en s'ouvrant, dévaloriserait le capital immobilisé par les propriétaires. Le travail de toute une vie se réduirait comme neige au soleil, ne garantissant plus le capital attendu pour la retraite. Pour quoi ? Pour répondre au besoin du plus grand nombre. Comment accepter ?

 

De nombreux autres exemples de taxisme pourraient être présentés, comme la politique par exemple. Un sujet dans le sujet...

 

Patrick HERTER - 28/06/2015

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